Entre gare et mer

Fatigué des chemins tangibles, j’ai mis mes pas dans ceux d’un tram fantôme et suivi son cours qui filait, invisible, entre gare et mer. * C’était un matin de juillet, le ciel avait tiré son rideau bleu derrière les toits. L’avenue pavoisait ses cafés, tatoueurs, kébabs et pharmacies. Sur le trottoir, les vivants se mêlaient aux morts. Un grand homme … Lire la suite Entre gare et mer

Paysage II

Il est des sentiments qui transhument longtemps sous la peau sans que l’on sente leurs sabots. Un jour, sans prévenir, ils jaillissent à la surface, étourdis de lumière. Ils n’ont ni berger ni chiens et nous submergent.

Paysage I

Voici qu’un vent a creusé la colline, faisant brèche dans le plâtre, dévoilant les fils et charmilles d’un cadastre de laine. Voici que perce une vie nouvelle grandie sous la peau de la terre sans rien laisser entendre, comme à la fonte des neiges paraît l’herbe tendre.